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MON EXPÉRIENCE D'ÉCO-VOLONTARIAT AUPRÈS DES ANIMAUX DU COSTA RICA


LE COMMENCEMENT DU PROJET


Vous vous demandez sûrement ce qui m'a poussée à partir sur un autre continent pour aller aider les animaux de la jungle ? Tout débute lorsque mon école de commerce en France incite les étudiants à imaginer un projet à mener tout au long de la deuxième année de Bachelor. Toutes les idées sont permises : de la création d'entreprise à l'organisation d'un événement de mode en passant par l'exposition d'art... les idées fusent chez chacun. Ayant en tête de travailler auprès d'animaux et de découvrir un pays d'Amérique latine, je décide de mixer les deux idées et de partir sur un projet d'éco-volontariat. Je me réunis alors avec quatre autres étudiants ayant le même souhait pour sélectionner un centre animalier qui recherche des bénévoles. Nous atterrissons rapidement sur la page du Jaguar Rescue Center, situé au Costa Rica, qui correspond à nos critères. 


Pour concrétiser le projet, il nous faut créer l'association Rescu'EM dans le but de récolter les fonds nécessaires pour partir au Costa Rica aider les animaux du centre pendant six semaines. Ainsi, durant toute l'année scolaire nous organisons des événements caritatifs, nous créons des cagnottes en ligne et nous sollicitons des entreprises locales pour sponsoriser notre projet. Ces différentes actions nous auront permis de couvrir les frais des billets d'avion, d'hébergement sur place et des vaccins nécessaires.

Finalement, en avril 2018, nous nous envolons tous les cinq vers le Costa Rica pour mener notre projet à bien.



À PROPOS DU CENTRE ANIMALIER


Le Jaguar Rescue Center se situe à quelques kilomètres de la ville de Puerto Viejo, à l'extrême Sud sur la côte Caraïbe du Costa Rica. Le refuge se trouve littéralement en bord de plage, seul une petite route le sépare de celle-ci. Ce refuge a pour mission de secourir, soigner, éduquer et réhabiliter les animaux sauvages qui sont blessés, malades ou orphelins. La fondation dispose de deux centres distincts :  - le Jaguar Rescue Center où les animaux passent la majorité de leur séjour à recevoir des soins pour se rétablir lorsque c'est possible, - la Ceiba, qui est un refuge au coeur de la forêt primaire où les animaux passent la fin de leur séjour avant d'être relâchés dans leur habitat naturel. Là bas, on les habitue à vivre indépendamment des humains le plus possible pour faciliter leur réhabilition dans leur milieu naturel.



PREMIER JOUR AU CENTRE


Le 30 avril 2018, j'entamais mon séjour au Costa Rica en tant que bénévole du Jaguar Rescue Center. Ma première journée de travail débutais avec une présentation générale du centre. Je découvrais alors les lieux, les animaux, toute l'équipe des employés et des bénévoles puis nous recevions des explications à propos des différentes missions auxquelles nous serons assignés dans les semaines à venir. Un guide nous présentais les différentes espèces d'animaux qui résidaient à ce moment-là au refuge et nous expliquait les raisons de leur internement. Chaque semaine, de nouveaux volontaires arrivaient au centre. Et ce jour-là, c'étaient nous les nouveaux ! Nous avions vite compris que les tâches les plus ennuyeuses nous seraient déléguées cette première semaine. Donner le biberon aux bébés singes ce sera donc pour plus tard ! En attendant nous allions nettoyer les enclos des animaux et ramasser les déchets sur la belle plage qui se trouvaient en face du centre.



MON QUOTIDIEN EN TANT QUE BÉNÉVOLE


Durant nos journées de travail au Jaguar Rescue Center, nous étions assignés à plusieurs types de tâche. Tous les matins, pour commencer la journée, notre manager notais sur le tableau quel rôle chacun allait devoir remplir. 



Nous avions généralement trois missions par jour qui variaient parmi les suivantes :

- nettoyer l'enclos des chevaux, des singes, des paresseux, etc, - nourrir les paresseux qui ne peuvent plus utiliser leurs doigts, - surveiller les oiseaux sur leurs branches, - surveiller les ratons-laveurs et fourmiliers qui se promènent dans le pré, - amener les singes dans la forêt pour qu'ils y passent la journée et éventuellement rencontrer des femelles, - s'occuper du jardinage au centre (ratisser les feuilles tombées la nuit), - laver les draps et torchons utilisés pour les animaux, - chercher des feuilles en forêt et les disposer dans les enclos, - laver les plats de nourriture et les biberons des animaux, - ramasser les déchets sur la plage. Nos journées commençaient à 7h30 le matin et se terminaient après notre dernière tâche de l'après-midi, en général vers 15-16h.



Le 9 mai 2018, ma matinée se résume à regarder un bébé fourmilier qui passe son temps à sortir sa langue pour gober les fourmis qui se cachent dans tous les recoins du pré. L'après-midi c'est au tour des paresseux, regardez-moi ces yeux trop mignons ! Ce paresseux à trois doigts cherche désespérément une autre branche sur laquelle s'accrocher car il est au bout de la sienne.



Beaucoup de pares”seux ont été recueillis par le centre à cause de leurs doigts brûlés par les lignes électriques. Les bébés singes sont pour la plupart orphelins, leur mère étant morte pour diverses raisons. Ce grison tout à droite, appelé "Finger", aura beaucoup de mal à se détacher des humains après son séjour au centre. Après l'avoir déposé au coeur de la forêt pour une première tentative de relâchement, ce dernier a suivi nos pas pour revenir.








Contrairement aux paresseux et aux singes, certains animaux comme ce crocodile et ce serpent ne peuvent malheureusement pas se promener la journée pour se défouler. Ils sont donc dans des enclos en permanence.




MA SEMAINE À LA CEIBA, FORÊT PRIMAIRE

11 Juin 2018. Ce lundi matin commence ma dernière semaine en tant que volontaire. Je vais donc la passer au second centre qui se situe au coeur de la jungle. Paul et Morgane sont les jeunes managers de ce centre appelé "La Ceiba", et ils ont besoin de l'aide des volontaires pour aménager de nouveaux sentiers dans la forêt et s'occuper des quelques animaux qui vont être relâchés prochainement.



Nous sommes donc une petite dizaine de jeunes volontaires à nous retrouver au beau milieu de la jungle sauvage du Costa Rica pendant une semaine. Ici, pas de réseau ni de magasin, il faut donc tout prévoir avant de venir. 



Le roi de la jungle ici c'est lui ! Cet énorme arbre est un kapokier, aussi appelé Ceiba, d'où le nom du refuge ici. Du haut de ses huit siècles d'existence, il a certainement plus d'expérience que quiconque ici !


Quand nous arrivons au centre, nous rencontrons le petit groupe d'animaux dont nous allons nous occuper toute la semaine; cinq ratons laveurs, un grison, deux kinkajous, un porc-épique, un perroquet ainsi que deux jaguarondis. Morgane nous montre comme préparer leur repas et nous donne quelques instructions. Dans l'après-midi, nous prenons immédiatement nos machettes et nos râteaux pour nous enfoncer dans la jungle et déposer Finger, le grison dans un enclos loin du centre car il doit être relâcher prochainement et il faut qu'il s'habitue à être plus loin de l'homme.

Surprise lors du retour ! Finger nous a rattrapés avant même que l'on soit arrivés au centre. Le petit malin a creusé un trou pour s'échapper et revenir. On le ramène alors au centre.


12 juin 2018. Aujourd'hui c'est mon premier petit déjeuner dans la jungle. Tous les matins le restaurant du centre nous prépare quelques fruits, toasts et jus naturels pour commencer la journée. Attention en s'asseyant ! Certains serpents, grenouilles et autres bestioles s'approprient régulièrement les chaises des volontaires durant la nuit. Deux perroquets sont perchés sur une branche au dessus de nous et nous regardent jalousement manger. Après s'être remplis le ventre on part enfiler nos bottes en prenant soin de bien les secouer avant pour faire sortir les éventuels scorpions.

En fin de matinée je pars avec Paul promener le grison dans la rivière. Ce petit animal qui ressemble à une loutre est très énergique, i court et saute partout et essaye même de me mordiller les bottes.




TOUR NOCTURNE


Ce soir c'est un tour nocturne dans la jungle qui nous attend. Nous partons donc avec nos bottes et nos lampes frontales à la recherche de la faune. Notre guide Morgane reste devant, un baton à serpent à la matin. 



Au long de la balade nous apercevons des grosses tarentules sur le sol, des grenouilles de toutes les couleurs et nous sommes gâtés par deux beaux "serpents corail" aux rayures rouges, jaunes et brunes, ainsi que le fameux "fer de lance", qui est le serpent le plus dangereux du pays. 



En revenant vers le centre, quelques volontaires ayant faim se dirigent vers la cuisine et c'est là qu'une petite surprise les attend sur le comptoir. Un joli boa constricteur faisait une sieste à quelques centimètres des plaques de cuisson.


13 juin 2018. Aujourd'hui nous allons devoir prolonger certains sentiers qui mèneront plus tard à une aire de jeux pour les singes. On sort donc nos super machettes, nos râteaux et on débroussaille. En ratissant je tombe nez à nez avec une bébé vipère, quelle jolie surprise !



15 Juin 2018. C'est aujourd'hui que nous allons relâcher les cinq ratons-laveurs dans leur habitat naturel. Après avoir bien grandi, ils sont maintenant prêts à être indépendants. Le vétérinaire arrive donc au centre pour tenter de les attraper et les emmener jusqu'à une rivière qui se trouve un peu plus loin afin qu'ils ne puissent pas revenir jusqu'ici.


BILAN D'EXPÉRIENCE


Cette mission éco-volontaire a été une expérience unique et enrichissante à tous les niveaux. J'ai passé ces dernières semaines auprès d'animaux sauvages dont j'ignorais encore l'existence avant de venir pour certains.


J'ai donné le biberon à des bébés singes-hurleurs ayant perdu leur maman, j'ai nourri des paresseux dont les doigts ont été brûlés par des lignes électriques, j'ai donné des graines une par une à un perroquet né aveugle, j'ai fait une sieste avec un bébé fourmilier sur mon ventre. Je me suis promenée avec un grison dans une rivière. J'ai couru après un bébé raton-laveur qui n'arrêtait pas de jouer. Je suis passée à quelques centimètres du serpent le plus dangereux du Costa Rica : le fer-de-lance. J'ai observé des armées entières de fourmis qui portaient des feuilles sur des dizaines de mètres. J'ai admiré des raies qui se cachaient sous le sable au bord de l'eau. Je me suis baignée avec des étoiles de mer sous mes pieds. Je me suis laissée impressionner par l'envol des géants aras verts qui sont en voie de disparition.

Le centre nous a formés et accueillis à bras ouverts malgré le fait que nous n'étions que de passage. Les managers du Jaguar Rescue Center font un travail extraordinaire pour aider la faune du pays.


COMMENT DEVENIR BÉNÉVOLE ?


Pour offrir son aide bénévolement au Jaguar Rescue Center il suffit de leur envoyer un mail pour recevoir la fiche de candidature. Il vous faudra ensuite remplir les coordonnées nécessaires et pouvoir prouver que le vaccin nécessaire est bien effectué. Le coût du volontariat est de $350USD (donc 310€ environ). En payant ce montant, le volontaire peut travailler au centre durant la période qu'il souhaite, à savoir que le minimum est d'un mois. La moitié du tarif est à payer lors de l'inscription et l'autre moitié juste avant d'arriver sur place.  L'hébergement n'est pas inclus dans ce montant, sauf durant la dernière semaine dans la forêt de La Ceiba. Des dortoirs sont mis à disposition par le Jaguar Rescue Center mais je n'ai personnellement pas trouvé le prix très intéressant. J'ai donc réservé un Airbnb tenu par un retraité français à Punta Cocles, à moins de 200 mètres du centre. MAJ 2020 : Malheureusement cet Airbnb n'est plus disponible au jour d'aujourd'hui, je supprime donc le lien.



SOUTENIR LE CENTRE


Le JRC ne bénéficie d'aucune aide financière de la part du gouvernement. S'ils sont capables d'effectuer leur travail auprès des animaux c'est grâce aux : - visites guidées : en tant que touriste, il est possible de faire le tour du centre pour environ $20.00USD. Accompagné d'un guide, vous rencontrerez les différents animaux qui résident au refuge et vous découvrirez leur histoire. - volontaires : c'est grâce au travail quotidien et aux donations des volontaires que le centre peut exister - envoi de matériel nécessaire aux soins des animaux - donations individuelles effectuées par les personnes touchées par cette cause Plus d'information sur leur site web : jaguarrescue.foundation


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